Chèques-cadeaux : le point sur les règles applicables
Les fêtes de fin d’année approchant, ce peut être l’occasion pour le Comité social et économique de l’entreprise (CSE), voire pour l’employeur d’attribuer des chèques-cadeaux aux salariés. Sous quelles conditions ? Quels sont les avantages ? Faisons le point.
Attribuer des chèques-cadeaux : quelles sont les règles à respecter ?
Le Gouvernement a récemment rappelé les règles applicables lorsque le Comité social et économique (CSE) ou l’employeur souhaite offrir aux salariés des chèques-cadeaux, des bons d’achats ou des cadeaux.
Pour rappel, les chèques-cadeaux ne peuvent être délivrés que par le CSE ou, en l’absence de CSE, par l’employeur lui-même.
Ces chèques-cadeaux étant un avantage attribué par l’employeur en contrepartie ou à l’occasion du travail, ils sont par conséquent soumis aux cotisations et contributions de Sécurité sociale.
Néanmoins, une exonération est possible, à condition de respecter certaines règles et, notamment, de ne pas dépasser l’équivalent de 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (soit 171 € en 2022) par an et par bénéficiaire.
Deux situations sont donc à distinguer :
- la 1ère est celle où le seuil n’est pas dépassé durant l’année civile. Dans ce cas, si le montant global de l’ensemble des chèques-cadeaux, bons d’achat et cadeaux attribués à un salarié au cours de l’année civile ne dépasse pas 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, alors ce montant est exonéré de cotisations de Sécurité sociale ;
- la seconde est celle où le seuil est dépassé durant l’année civile. Dans ce cas, même si le montant global de l’ensemble des avantages dépasse le seuil autorisé, il est néanmoins possible de bénéficier de l’exonération si les 3 conditions suivantes sont respectées :
- ○ l’attribution du bon d’achat doit être en lien avec l’un des évènements suivants : la naissance, l'adoption, le mariage, le pacs, la retraite, la fête des mères et des pères, la Sainte Catherine et la Saint Nicolas, Noël pour les salariés et les enfants jusqu’à 16 ans révolus dans l’année civile, et la rentrée scolaire pour les salariés ayant des enfants âgés de moins de 26 ans dans l’année d’attribution du bon d’achat, sous réserve de la justification du suivi de scolarité ;
- ○ l’utilisation du bon ou du chèque doit être déterminée : il doit mentionner le ou les noms des magasins dans lesquels il peut être échangé et son utilisation doit être en lien avec l’évènement pour lequel il est attribué (exemple : à Noël, le bon doit permettre l’achat de jouets, de vêtements, de livres, etc.) ;
- ○ le montant ne doit pas être disproportionné : le seuil de 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale doit être respecté pour chaque évènement et par année civile.
À défaut de réunir ces conditions, les avantages seront alors soumis aux cotisations et contributions de Sécurité sociale pour leur montant global dès le 1er euro.
Source : Actualité Économie.gouv.fr du 15 novembre 2022 : « Chèques-cadeaux, bons d'achats, cadeaux attribués aux salariés : comment ça marche ? »
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lundi 21 novembre 2022
Société à capital variable : une exclusion sans motif ?
Un associé est exclu d’une société par l’assemblée générale pour « justes motifs ». Ce qu’il conteste, les statuts ne définissant pas ces fameux « justes motifs ». Sauf que lesdits statuts sont ceux d’une société à capital variable, c’est-à-dire une structure où les arrivées et les départs simplifiés des associés font partie du jeu. Dans ce cas, l’exclusion est-elle abusive ?
Une exclusion (trop ?) simplifiée d’un associé ?
Un associé est exclu d’une SARL à capital variable par l’assemblée générale.
Les statuts de cette société prévoient, en effet, que les associés peuvent se réunir et exclure l’un de leurs collègues pour « justes motifs ».
« Imprécis ! », proteste l’associé ainsi exclu, qui estime que son départ forcé est abusif. Selon lui, les motifs d’exclusion doivent être définis dans les statuts ce qui, ici, n’est pas le cas. Il demande donc sa réintégration dans la société, ainsi que des dommages et intérêts.
« Non ! », tranche le juge qui rappelle qu’il s’agit ici d’une société à capital variable, c’est-à-dire une société où les arrivées et les départs (y compris les exclusions) d’associés doivent pouvoir se faire facilement et rapidement.
Par conséquent, la clause qui prévoit l’exclusion d’un associé pour « justes motifs » sur décision d’une assemblée générale est licite, quand bien même les motifs ne sont pas prédéfinis dans les statuts.
L’ancien associé n’est donc ni réintégré, ni indemnisé de son exclusion.
Source : Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 9 novembre 2022, no 21-10540
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lundi 21 novembre 2022
Notaires : quand succession rime avec (im)précision…
Un notaire se voit reprocher par une cliente un défaut de conseil à l’occasion du règlement d’une succession. Pour se faire un avis, le juge va se pencher sur les projets d’acte, ainsi que sur les (nombreux) courriers d’accompagnement envoyés par le notaire… Verdict ?
Devoir de conseil du notaire : des projets d’acte à étudier…
Chargé du règlement d’une succession, un notaire va rédiger un acte de partage amiable, qui va ensuite être signé par les 3 héritières du défunt (son épouse et ses 2 filles issues d’un 1er mariage).
Mais, par la suite, la veuve va contester ce partage, estimant qu’il est trop favorable à ses belles-filles… En vain !
Elle va alors réclamer des indemnités au notaire, au motif qu’il ne l’aurait pas suffisamment conseillée à propos de l'indemnité de réduction mise à sa charge qui, entre le 1er projet d’acte et la version définitive, est passée de 167 000 € à 884 000 €, sans explication claire.
« Faux ! », conteste le notaire, qui commence par expliquer que la hausse de l’indemnité de réduction est liée à la réintégration de primes d’assurance-vie, ce dont la veuve avait parfaitement connaissance !
Pour le prouver, il rappelle qu’il lui a envoyé plusieurs projets d’acte, en lui indiquant à chaque fois qu’il se tenait à sa disposition pour toute explication complémentaire.
De plus, entre la réception du projet d’acte final et sa signature, il s’est écoulé 17 jours… Ce qui a laissé suffisamment de temps à la veuve pour lui faire part d’éventuelles remarques.
Mais pas pour le juge : les arguments du notaire ne permettent pas de constater qu’il a précisément attiré l’attention de la veuve sur la réintégration dans la masse successorale des primes d’assurance-vie, causant ainsi une hausse de l’indemnité de réduction due par elle.
La justice va donc devoir réexaminer cette affaire pour déterminer si le notaire a vraiment attiré l’attention de la veuve sur les causes de la hausse de l’indemnité de réduction…
À toutes fins utiles, rappelez-vous que le devoir de conseil du notaire est très étendu : pour sécuriser vos dossiers, veillez à expliciter clairement, par écrit, les modifications importantes apportées à un projet d’acte.
Source : Arrêt de la Cour de cassation, 1re chambre civile, du 9 novembre 2022, n° 21-11810
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lundi 21 novembre 2022
« Made in France » : qu’est-ce que ça veut dire ?
Alors que les habitudes des consommateurs évoluent pour prendre en compte des critères comme le bio ou le local, les informations sur la création d’un bien deviennent des arguments déterminants pour les producteurs. L’occasion pour l’administration de faire quelques rappels au sujet du « Made in France »…
Un regain d’intérêt pour la consommation locale
Puisque cela peut représenter un argument de vente majeur, les fabricants peuvent être tentés par le « Made in France ».
C’est pourquoi le Gouvernement et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) se penchent sur la question pour faire quelques rappels et enquêter sur les pratiques en la matière.
Ainsi, les mentions « Made in France » ou « Fabriqué en France » peuvent être apposées sur leurs produits par les fabricants si certaines conditions sont remplies. Il faut notamment que :
- le produit tire une part significative de sa valeur d’une ou plusieurs étapes de fabrication localisées en France ;
- la dernière transformation substantielle du produit ait également pris place dans le pays.
Vous l’aurez compris, cette mention ne permet donc pas de garantir que la totalité du processus de fabrication a eu lieu en France.
Il est à noter que le fabricant doit être en mesure de prouver que son produit rentre bien dans les conditions attendues pour l’apposition de la mention.
Afin de favoriser le développement de la production locale, le Gouvernement annonce que des missions d’accompagnement des professionnels seront portées par Bpifrance pour encourager à la réindustrialisation du pays et aider les fabricants dans les choix liés à leurs modèles de production.
De son côté, la DGCCRF, dans sa mission de protection des consommateurs, a diligenté une enquête afin de s’assurer que l’indication du « Made in France » pour les produits non alimentaires est bien conforme et que les producteurs ne profitent pas de façon irrégulière de l’intérêt des français pour leur aspect local.
Près de 1 000 établissements ont été contrôlés et des irrégularités ont été constatées dans environ 15 % des cas. Plusieurs sanctions administratives et pénales ont été distribuées en conséquence.
Source :
- Actualité du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique du 7 novembre 2022 : « Acheter un produit “Fabriqué en France” : quelles garanties ? »
- Actualité de la DGCCRF du 10 novembre 2022 : « “Made in France” : la DGCCRF enquête sur les allégations liées à l’origine France des produits non alimentaires »
- Actualité du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique du 9 novembre 2022 : “Fabriqué en France” : de nouveaux dispositifs de soutien à la relocalisation industrielle »
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lundi 21 novembre 2022
Black Friday : promotions et arnaques, soyez vigilants !
L’édition 2022 du Black Friday approche à grands pas. Depuis 2013, ce rendez-vous annuel venu des États-Unis s’est fait une place dans les habitudes des consommateurs français. Le moment étant propice aux escroqueries en ligne et aux déconvenues, faisons un point sur les bonnes pratiques…
Quelques conseils pour un Black Friday en toute sérénité…
Le Black Friday aura lieu cette année le vendredi 25 novembre 2022, suivi du Black week-end, correspondant au samedi 26 et au dimanche 27 novembre, et du Cyber Monday se déroulant le lundi 28 novembre.
« Comparer ». C’est certainement le mot d’ordre du Black Friday pour éviter les fausses promotions et surtout les arnaques… N’hésitez pas à prendre du temps pour comparer les prix avant le Jour J : toute réduction, en effet, doit faire référence au prix le plus bas pratiqué par le professionnel sur les 30 derniers jours.
Autre élément auquel prêter attention : l’indice de réparabilité. L’électroménager ayant beaucoup de succès à l’occasion du Black Friday, vous pouvez utiliser l’indice de réparabilité afin de vous informer sur la durabilité de l’objet.
Notez que les règles restent les mêmes que le produit fasse ou non l’objet d’une promotion. Par conséquent, en cas de problème, vous bénéficiez des garanties habituelles à savoir la garantie légale de conformité (qui est de 2 ans) et la garantie légale des vices cachés.
De même, vous bénéficiez pour vos achats en ligne auprès de professionnels de l’Union européenne du délai de rétractation de 14 jours, Black Friday ou non. Attention toutefois, ce délai de rétractation n’existe pas pour tous les biens. La liste des exceptions est disponible ici.
… et en toute sécurité…
Le Black Friday est une période où les annonces publicitaires abondent sur tous les supports : SMS, courriels, publicités sur les réseaux sociaux, etc. Autant d’opportunités qu’utilisent les cybercriminels afin de vous escroquer ou de vous voler vos données personnelles.
Vous êtes intéressé par l’offre d’un site inconnu ? Prenez le temps de lire les informations sur le vendeur (nom, adresse, notoriété, etc.), encore plus lorsque l’offre est accompagnée d’un compte à rebours pour vous inciter à acheter vite. Méfiez-vous également des offres très (trop) généreuses.
Attention également à l’hameçonnage(phishing). Cette technique consiste à envoyer des courriels ou des SMS en se faisant passer pour un tiers (vendeur, administration, fournisseur de téléphonie, d’eau, etc.) afin d’amener l’internaute à communiquer des données personnelles et des codes bancaires.
Vérifiez donc bien l’adresse électronique de l’expéditeur. En cas de doute, ne cliquez pas sur les liens proposés ou sur les pièces jointes. Passez par le site marchand connu pour vérifier la réalité de la promotion et pour éviter d’être envoyé sur un site frauduleux.
Autre conseil : multiplier les mots de passe. Avoir des mots de passe compliqués et différents pour chaque site permettra de protéger vos accès en cas de piratage d’un de vos codes.
En outre, prenez garde aux numéros surtaxés : préférez les numéros fournis sur les sites officiels et non ceux fournis par courriel ou SMS vous proposant une offre à ne pas manquer.
Si malgré vos soins vous êtes victime d’une escroquerie, signalez-la sur le site du ministère de l’Intérieur ici et consultez cette page pour savoir comme réagir.
Source :
- Communiqué de presse de la DGCCRF du 16 novembre 2022 : « Blackfriday : tout savoir pour faire de bonnes affaires sur internet ou dans les magasins »
- Article Service-Public.fr du 7 novembre 2022 : « "Black Friday" : attention aux arnaques en ligne ! »
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lundi 21 novembre 2022
Comment améliorer l’approvisionnement de l’Europe en médicaments ?
Les épisodes de ruptures d’approvisionnement en médicaments s’accentuent en Europe. Rien qu’en France on observe, entre 2008 et 2021 une augmentation de 4 809 % des cas de ruptures. Face à cette dégradation de la situation, la Commission européenne appelle à une réaction…
Pénurie de médicaments : prévenir plutôt que guérir
Si la crise de la Covid-19 a permis de révéler certains dysfonctionnements, le problème de l’approvisionnement en médicaments n’est pas récent pour autant. En France, depuis 15 ans, les occurrences de pénuries se sont multipliées. Une situation qui est également observée dans le reste de l’Union européenne…
Dans ce contexte, la Commission européenne a proposé une « stratégie pharmaceutique pour l’Europe » comportant plusieurs axes pour limiter les risques de pénuries et, par extension, permettant de garantir la sécurité des patients.
Parmi ces propositions, elle suggère qu’une définition précise de la pénurie de médicaments puisse être établie, ce qui permettrait une meilleure analyse des situations et, par conséquent, des réactions plus adaptées, par exemple la possibilité pour les laboratoires d’avertir les autorités en cas de fragilité de leur approvisionnement.
Il est également suggéré d’établir une liste des médicaments critiques afin d’obliger leurs fabricants à conserver un stock et à adopter un protocole de gestion des pénuries.
Une autre piste majeure évoquée est celle de l’origine des médicaments. Selon la Commission 40 % des médicaments commercialisés au sein de l’Union sont fabriqués dans des pays tiers par des sociétés implantées à 80 % à l’étranger.
Elle recommande donc d’engager une politique d’incitation à la relocalisation des moyens de production pouvant passer par des incitations financières et fiscales, ainsi que des programmes de financement de la recherche.
Source : Actualité de Vie-publique.fr du 9 novembre 2022 : « Union européenne : garantir l’accès aux médicaments »
Approvisionnement en médicaments : la pilule ne passe pas © Copyright WebLex - 2022
vendredi 18 novembre 2022










