Loi pouvoir d’achat : du nouveau concernant la résiliation de certains contrats
Dans un contexte d’inflation, le constat selon lequel le consommateur doit avoir la possibilité de gérer plus facilement les contrats auxquels il adhère s’impose. C’est pourquoi une nouvelle procédure de résiliation à distance des contrats devrait voir le jour, au plus tard le 1er juin 2023… mais pas seulement…
Une possibilité de résiliation à distance élargie…
À compter d’une date fixée par décret (et au plus tard le 1er juin 2023), il est prévu que lorsqu’un contrat est conclu par voie électronique, sa résiliation par le consommateur sera rendue possible selon cette même modalité.
Dans ce cadre, il est prévu que le professionnel garantisse au consommateur un accès gratuit, facile, direct et permanent à une fonctionnalité dédiée.
Ce mode de résiliation (par voie électronique) sera également possible si le contrat n’a pas été conclu de cette façon à l’époque, mais que cette faculté de souscription par voie électronique existe au jour de la demande de résiliation.
Lorsque le consommateur notifiera sa résiliation de contrat au professionnel, ce dernier devra lui confirmer qu’il a reçu sa demande et l’informer, sur un support durable et dans des délais raisonnables sans retard injustifié, de la date à laquelle le contrat prendra fin et des effets de la résiliation.
Notez que tout professionnel qui manquera à ces obligations sera passible d'une amende d’un montant maximum de :
- 15 000 € pour une personne physique ;
- 75 000 € pour une personne morale (entreprise, société, etc.).
… également pour les contrats d’assurance
Des dispositions similaires sont prévues dans le domaine des assurances.
Plus précisément, la règlementation prévoit désormais que pour les contrats d’assurance souscrits par voie électronique couvrant les particuliers en dehors de leurs activités professionnelles, la résiliation par voie électronique, par l’intermédiaire d’une fonctionnalité dédiée, est désormais possible.
Cette nouveauté s’applique :
- aux contrats d’assurance de dommages et d’assurance de personnes relevant du Code des assurances ;
- aux contrats de mutuelle relevant du Code de la mutualité ;
- aux contrats de prévoyance souscrits dans le cadre d’opérations collectives à adhésion obligatoire et facultative ou d’opérations individuelles relevant du Code de la sécurité sociale.
Là encore, il est prévu que ces dispositions entreront en vigueur à une date fixée par décret et au plus tard le 1er juin 2023. Elles s’appliqueront aux contrats en cours d’exécution à la même date.
Contrats d’abonnements téléphoniques et internet : moins de frais en cas de résiliation anticipée
Pour rappel, lorsqu’un contrat d’abonnement à internet ou téléphonique prévoit une durée minimale d’engagement supérieure à 1 an, le consommateur peut y mettre fin par anticipation à compter de la 1re année.
Ainsi, lorsqu’un consommateur est par exemple engagé pour 2 ans et qu’il résilie par anticipation, il doit payer entièrement les mois d’abonnement jusqu’au 12e mois et doit ensuite régler 25 % du tarif mensuel pour les mois suivants, jusqu’au 24e mois.
Désormais, les frais de résiliation sont fixés à 20 % après la première année (au lieu de 25 %) pour les offres permettant aux consommateurs de bénéficier de la vente d’un terminal subventionné (smartphone par exemple).
Quant aux contrats qui ne permettent pas l’achat d’un terminal subventionné, ils peuvent être résiliés par anticipation sans avoir à s’acquitter des mensualités restantes dues au titre de la période minimale d’exécution du contrat, si la résiliation intervient après la 1re année d’engagement.
Enfin, notez que les personnes en situation de surendettement pourront résilier leur contrat d’accès à internet ou mobile par anticipation, sans indemnité, dans des conditions qui seront fixées ultérieurement par décret.
Toutes ces nouveautés ne s’appliquent qu’aux contrats conclus à compter du 1er janvier 2023, sauf exception.
Contrats de fourniture de services de télévision et de médias à la demande : la résiliation facilitée
Pour mémoire, un abonné ne peut mettre fin à son contrat de fourniture de services de télévision et de médias à la demande (par exemple Netflix ou Disney+) qu’à la date anniversaire du contrat. Ces contrats sont, en effet, par principe, conclus pour une durée déterminée et se reconduisent tacitement, faute de réaction de l’abonné après que le fournisseur l’a prévenu de sa reconduction à venir.
Désormais, un abonné peut mettre fin à ce type de contrat à tout moment, à compter de la 1re reconduction, dès lors qu’il change de domicile ou que son foyer fiscal évolue.
Contrats d’assurance affinitaire : un délai de rétractation allongé
Les assurances affinitaires sont les assurances vendues en complément d’un bien ou d’un service. Malgré une part de marché très faible, ces assurances représentent environ 20 % des saisines du médiateur de l’assurance.
Pour mieux protéger les consommateurs, le délai de rétractation d’un contrat d’assurance affinitaire passe de 14 à 30 jours à compter du 1er janvier 2023.
Ce délai de 30 jours ne court qu’à compter du paiement de la première prime, et il n’est plus nécessaire de prouver la détention d’une assurance faisant doublon pour pouvoir bénéficier de cette possibilité de rétractation.
Source : Loi no 2022-1158 du 16 août 2022 portant mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat (articles 15 à 19)
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lundi 29 août 2022
Loi pouvoir d’achat : focus sur les principales mesures en matière de consommation
Afin de lutter contre l’inflation, des mesures ont été prises pour protéger le pouvoir d’achat. Celles-ci touchent notamment à l’immobilier, au secteur bancaire, aux factures d’énergie, etc. Retour sur les principales mesures…
Complément de loyer : oui, mais pas à n’importe quelle condition
Pour rappel, le propriétaire d’un logement mis en location situé dans des villes comme Paris, Bordeaux ou Montpellier, peut demander un complément de loyer en raison d’équipements particuliers de confort ou au vu de sa localisation.
La loi interdit désormais d’appliquer ce type de complément lorsque le logement en question présente certaines caractéristiques : sanitaires sur le palier, signes d’humidité sur certains murs ou encore, niveau de performance énergétique de classe F ou G.
Loyers commerciaux : une révision plafonnée pour les petites et moyennes entreprises
L’indice des loyers commerciaux (ILC) est l’indice de référence permettant de réviser le loyer dû par le locataire commerçant ou artisan d’un local commercial.
Cet indice varie en fonction de l’évolution des prix à la consommation et de l’indice du coût de la construction. Au regard de cette méthode de calcul, et en raison de l’inflation, il était redouté une hausse des loyers commerciaux…
C’est pourquoi la variation de l’ILC pour les petites et moyennes entreprises (PME) ne peut excéder 3,5 % pour les trimestres compris entre le 2e trimestre 2022 et le 1er trimestre 2023. Les PME visées sont celles employant moins de 250 personnes et dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas 50 M€ ou dont le total du bilan annuel ne dépasse pas 43 M€.
Notez que ce plafonnement est définitivement acquis et ne peut faire l’objet d’aucun rattrapage !
Banque : du nouveau pour les frais d’incidents
Lorsqu’une même opération de paiement est présentée plusieurs fois et autant de fois refusée, la loi prévoit qu’il ne s’agit là que d’un seul et unique incident bancaire. Ainsi, les frais associés à plusieurs mêmes requêtes refusées doivent être remboursés au client s’ils ont été facturés à chaque fois.
Cela se produit par exemple lorsqu’un prélèvement automatique est prévu et qu’il est présenté à la banque plusieurs fois alors que le compte est déficitaire.
Jusqu’ici, ce droit s’exerçait sur demande du client et si celui-ci prouvait que les demandes de paiement portaient sur la même opération. Désormais, à compter du 1er février 2023, les banques devront automatiquement rembourser à leur client les frais perçus lorsque plusieurs demandes de paiement concernant la même opération ont été rejetées.
Banque : du nouveau en cas de fraude
Par principe, lorsqu’un client signale à sa banque une opération de paiement non autorisée, elle doit le rembourser au plus tard à la fin du 1er jour ouvrable suivant.
La loi prévoit désormais des sanctions pour les banques retardataires en créant des pénalités, dont le montant varie en fonction du retard dans le remboursement. Ainsi :
- dès le 1er jour de retard, les sommes dues produisent des intérêts au taux légal majoré de 5 points (8,15 % à ce jour) ;
- au-delà de 7 jours de retard, le taux légal est majoré de 10 points (13,15 % à ce jour) ;
- au-delà de 30 jours de retard, le taux légal est majoré de 15 points (18,15 % à ce jour).
Publicité lumineuse : vers la sobriété
En cas de menace pour la sécurité d’approvisionnement en électricité, le gouvernement pourra interdire les publicités lumineuses sur des affiches éclairées par projection ou transparence mais également, les publicités numériques.
Cette interdiction sera possible en agglomération et hors agglomération, sur les voies ouvertes à la circulation publique ainsi que dans les aéroports, les gares ferroviaires et routières et les stations et arrêts de transports en commun.
Cette interdiction s’applique également aux publicités situées à l’intérieur d’un local lorsque leur emplacement les rend visibles depuis la voie publique.
Un décret (non encore paru à ce jour) doit préciser cette mesure.
Impayés d’énergie : une réduction avant coupure
Pour mémoire, les fournisseurs d’électricité, de chaleur et de gaz ne peuvent pas interrompre la fourniture d’énergie pendant la trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars) en cas de non-paiement et lorsque cela touche à la résidence principale de la personne.
La loi précise désormais qu’en dehors de cette période, un fournisseur d’électricité ne peut couper le courant d’une résidence principale, pour non-paiement des factures notamment, qu’après avoir effectué une réduction de puissance pendant au moins 1 mois. L’objectif est de permettre au ménage de satisfaire ses besoins fondamentaux de la vie quotidienne et d’hygiène.
Un décret (non encore paru à ce jour) doit préciser cette mesure.
Source : Loi no 2022-1158 du 16 août 2022 portant mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat (articles 13, 14, 21, 22, 31, 35)
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lundi 29 août 2022
Loi pouvoir d’achat : quoi de neuf en matière de négociation collective ?
En cette rentrée de congés, plusieurs aménagements sont à noter concernant les négociations collectives de branche. Que faut-il en retenir ?
3 nouveautés concernant les négociations collectives de branche
- Nouveau délai pour engager une négociation sur les salaires
Pour rappel, lorsque le salaire minimum national professionnel des salariés sans qualification est inférieur au Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), les organisations liées par une convention de branche (ou, à défaut, par des accords professionnels) doivent se réunir pour négocier sur les salaires.
Désormais, à défaut d’initiative de la partie patronale dans les 45 jours (contre 3 mois auparavant), la négociation sur les salaires doit s’engager dans les 15 jours suivant la demande d’une organisation syndicale de salariés représentative.
- Fusion des branches professionnelles ne respectant pas le SMIC
Pour rappel, le gouvernement peut engager une procédure de fusion du champ d’application des conventions collectives d’une branche avec celui d’une branche de rattachement présentant des conditions sociales et économiques analogues.
Désormais, cette fusion est également possible, toutes conditions par ailleurs remplies, lorsque la branche ne respecte pas le SMIC.
- Extension des avenants sur les salaires
Il existe actuellement une procédure spécifique pour l’extension des avenants à convention étendue portant uniquement sur les salaires. Pour mémoire, il s’agit d’une procédure d’examen accélérée par rapport à la procédure « classique » d’extension d’une convention ou d’un accord collectif.
La loi ajoute désormais à cette procédure le cas où le SMIC a augmenté au moins 2 fois au cours des 12 mois précédant la conclusion d’un avenant à convention étendue portant uniquement sur les salaires.
Source : Loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 portant mesures d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat (articles 7 et 8)
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lundi 29 août 2022
Marchés publics : une plateforme pour consulter les projets d’achats publics
La direction des achats de l’État a lancé, en mai 2022, le portail « APProch » qui permet de faciliter la consultation et la recherche de projets d’achats publics. Retour sur ses fonctionnalités…
APProch : une plateforme pour rechercher et consulter des projets d’achats publics
La plateforme APProch, lancée en mai 2022, est destinée aux entreprises et leur permet d’identifier les projets d’achats publics et donc, d’anticiper les marchés à venir.
En créant votre compte personnel, vous pourrez rechercher les projets, définir une veille personnalisée mais aussi, configurer des alertes. Pour cela, vous devrez renseigner le numéro SIREN/SIRET de votre entreprise afin de créer votre compte.
La plateforme est disponible ici.
À toutes fins utiles, retenez que la liste des projets présentés sur la plateforme n’est pas exhaustive.
Source : Actualité du site Entreprendre.Service-Public.fr du 19 juillet 2022
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lundi 29 août 2022
Etablissements de santé : patient décédé = responsabilité engagée ?
Un établissement de santé se voit réclamer des indemnités par les héritiers d’une patiente décédée. La raison ? Le décès serait intervenu à la suite d’une infection contractée dans l’établissement de santé. Faux, conteste celui-ci, pour qui la cause du décès résulte de l’état de santé déjà dégradé de la patiente de 96 ans…
Responsabilité de l’établissement de santé = indemnisation
Après la pose d’une prothèse de hanche, une patiente de 96 ans est transférée dans un établissement de santé spécialisé pour des soins de suite et de rééducation.
Mais, l’état de la patiente se dégrade, notamment en raison de plaies infectées aux jambes. Elle est finalement reconduite chez elle, et décède.
Estimant que l’établissement de santé est responsable du décès, les héritiers de la patiente lui réclame une indemnisation…
Ce que conteste l’établissement : il rappelle que la patiente est arrivée dans un état de dénutrition sévère et qu’elle était particulièrement exposée à des difficultés de cicatrisation.
Mais les héritiers persistent : les plaies aux jambes de la patiente, cause de son décès, sont dues aux frottements contre les ridelles de son lit médicalisé dans l’établissement de santé. Ce dernier est donc bel et bien fautif.
Ce que confirme le juge, qui décide de condamner l’établissement de santé à indemniser les héritiers.
Source : Arrêt du Conseil d’Etat du 15 juillet 2022, n° 452391
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lundi 29 août 2022
Hausse du prix des carburants : l’aide exceptionnelle est prolongée !
La hausse du prix des carburants a donné lieu à la mise en place d’un dispositif de soutien exceptionnel à destination des ménages et des entreprises, qui vient d’être aménagé et prolongé. A quel(s) niveau(x) exactement ?
Carburants : une aide pour les consommateurs
Pour faire face à la hausse des prix des carburants, une remise exceptionnelle à la pompe a été mise en place par le gouvernement.
Initialement prévu jusqu’au 31 août 2022, ce dispositif, qui a pour finalité de réduire le prix des carburants pour tous (particuliers et entreprises), a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2022.
Concrètement, la remise bénéficie aux opérateurs à raison de certains carburants (gazoles B0, B7, B10, B30, B100, etc.) fournis pour une distribution en France sur la période concernée, et donne lieu à une remise égale :
- jusqu’au 31 octobre 2022, à :
- ○ 25 c€/L pour les gazoles, essences et le gaz de pétrole liquéfié ;
- ○ 25 €/MWh (PCS) pour le gaz naturel ;
- entre le 1er novembre et le 31 décembre 2022, à :
- ○ 8,33 c€/L pour les gazoles, essences et le gaz de pétrole liquéfié ;
- ○ 8,33 €/MWh (PCS) pour le gaz naturel.
Notez que l’aide bénéficie également aux personnes qui procèdent au stockage intermédiaire des carburants concernés.
Carburants : une aide pour les exploitants de stations-service
Les exploitants de stations-service qui sont propriétaires de leur fonds de commerce peuvent bénéficier de l’aide au titre des stations occasionnant la vente de moins de 1 000 hectolitres de carburants au total par mois en moyenne sur l'année 2021.
Le montant forfaitaire de l'aide est égal :
- à 3 000 € par station-service au moyen de laquelle sont vendus moins de 500 hectolitres de carburants au total par mois en moyenne sur l'année 2021 ;
- à 6 000 € par station-service au moyen de laquelle sont vendus plus de 500 mais moins de 1 000 hectolitres de carburants au total par mois en moyenne sur l'année 2021.
La demande d'aide doit impérativement être adressée à l'Agence de services et de paiement (ASP) avant le 31 décembre 2022, accompagnée des documents justificatifs nécessaires.
Source : Décret n° 2022-1168 du 22 août 2022 modifiant le décret n° 2022-423 du 25 mars 2022 relatif à l'aide exceptionnelle à l'acquisition de carburants
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lundi 29 août 2022










