Transiger avec les douanes : possible ?
Sous réserve du respect des conditions requises, l’administration des douanes peut transiger avec les personnes poursuivies pour certaines infractions. En pratique, qui peut transiger ? Et pour quelles infractions ?
Qui peut transiger et pour quoi ?
Dès le 1er juillet 2022, il est prévu que l’administration des douanes pourra transiger avec les personnes poursuivies pour :
- infractions douanières ;
- infractions relatives aux relations financières avec l’étranger ;
- infractions relatives au contrôle de l’argent liquide.
Sont autorisés à transiger :
- les directeurs interrégionaux des douanes ;
- les directeurs régionaux des douanes en Guyane, en Guadeloupe, à La Réunion et à Mayotte ;
- les chefs de service à compétence nationale ;
- le ministre chargé des douanes.
Les directeurs régionaux et interrégionaux, ainsi que les chefs de service peuvent transiger pour :
- les infractions douanières constatées à la charge des voyageurs et n’ayant pas donné lieu à des poursuites ;
- les infractions douanières et les infractions aux obligations fixées par la réglementation relative au contrôle de l’argent liquide, dès lors qu’elles sont dégagées de tout soupçon d’abus et qu’elles ne donnent lieu qu’à des amendes de principe ;
- les infractions aux obligations fixées par la réglementation relative au contrôle de l’argent liquide, dès lors qu’elles portent sur des sommes d’argent liquide dont le montant n’excède pas 300 000 € ;
- les infractions douanières lorsque le montant des droits et taxes compromis (ou des avantages obtenus indûment du Fonds européen agricole de garantie) n’excède pas 100 000 € ;
- les infractions douanières sans droits et taxes compromis, lorsque la valeur des marchandises litigieuses ne dépasse pas 300 000 € ; attention, en présence de marchandises contrefaites, ce seuil est fixé à une valeur de 600 000 € sur le marché authentique.
Dans tous les autres cas, la possibilité de transiger appartient au ministre chargé des douanes.
Source : Décret n° 2022-467 du 31 mars 2022 relatif à l'exercice du droit de transaction par l'administration des douanes
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vendredi 08 avril 2022
Un constat d’erreur sur le règlement intérieur national des huissiers de justice ?
Le règlement intérieur de la chambre nationale des huissiers de justice comporte-t-il une erreur concernant le calcul des indemnités de transport qui peuvent être remboursées aux huissiers de justice ? Réponse du juge…
Une remise en cause des règles relatives aux indemnités de transport
Depuis 2018, l'indemnisation des frais de déplacement est étendue au-delà d'un rayon de 25 km autour du lieu de résidence de l'huissier, tout en étant restreinte aux seules communes du canton de résidence et aux cantons limitrophes.
En outre, le remboursement de ces frais est limité aux seuls déplacements effectués pour les actes pour lesquels les huissiers de justice sont requis.
Ces règles sont inscrites dans le règlement intérieur de la chambre nationale des huissiers de justice.
Une erreur, selon une étude d’huissiers, pour qui ces règles n’ont pas lieu d’être et doivent être annulées.
Ce que confirme le juge, qui donne 2 mois au ministre de la Justice pour prendre les mesures nécessaires, afin de mettre le règlement intérieur de la chambre nationale en conformité avec la loi. A suivre…
Source : Arrêt du Conseil d’Etat du 21 mars 2022, n° 437072
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vendredi 08 avril 2022
Plan de résilience : prolongation du dispositif Cap Francexport
Au début de la crise sanitaire, le gouvernement a mis en place un dispositif public de soutien à l’assurance-crédit export nommé Francexport. Ce dispositif est-il prolongé dans le cadre du plan de résilience ?
Prolongation de Cap Francexport au-delà du 31 mars 2022
Pour rappel, l’objectif du dispositif Cap Francexport est de maintenir et de renforcer les couvertures d’assurance-crédit privées des entreprises françaises exportatrices pour les opérations dont les assureurs privés souhaitent se désengager.
Pour soutenir les exportations et garantir la disponibilité de couvertures d’assurance-crédit des échanges commerciaux dans un contexte de montée du risque politique lié à la guerre en Ukraine, le gouvernement a confirmé la prolongation du dispositif Cap Francexport au-delà du 31 mars 2022.
Source : Communiqué de presse du ministère de l’Economie du 1er avril 2022, n° 2223
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vendredi 08 avril 2022
Locataire commercial : un droit de préemption absolu ?
Par principe, lorsqu’un local commercial placé en location est vendu, le locataire bénéficie d’un droit de préemption. Mais, dans des situations bien précises, ce droit de préemption n’existe pas. Voici un cas vécu…
Un droit de préemption (parfois) écarté
Le propriétaire d’un local commercial placé en location qui envisage de le vendre (on parle de vente de « gré à gré ») doit en informer le locataire, cette information valant offre de vente. Dans cette situation, on dit que le locataire bénéficie « d’un droit de préemption ».
Mais, comme vient de le rappeler le juge, il existe une situation particulière dans laquelle une vente de gré à gré n’ouvre pas de droit de préemption au profit du locataire : c’est lorsque la vente dépend d’une liquidation judiciaire.
Ici, en effet, la vente est considérée comme faite « d’autorité de justice », ce qui signifie que le vendeur n’est pas totalement libre de son choix : en réalité, il est contraint de vendre son bien dans le cadre d’une procédure collective pour pouvoir rembourser ses dettes.
Source : Arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du 23 mars 2022, n° 20-19174
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vendredi 08 avril 2022
C’est l’histoire d’un investisseur à qui un vendeur n’aurait pas tout dit…
C’est l’histoire d’un investisseur à qui un vendeur n’aurait pas tout dit…
Un investisseur se porte acquéreur d’un local commercial qui comprend plusieurs lots loués à des entreprises. Une fois la vente actée, il s’aperçoit qu’une des locataires est en proie à d’importantes difficultés financières, impactant le paiement des loyers…
Une situation que l’investisseur reproche au vendeur : ce dernier devait, conformément au compromis, l’informer périodiquement, entre la promesse de vente et l'acte de vente, de tout changement qui pourrait affecter, de manière significative, l'immeuble et sa situation locative. Or, ici, le vendeur a justement appris, par la société locataire, qu’elle connaissait des difficultés pour payer son loyer, lequel représente près de la moitié des loyers de l'immeuble vendu. Une information cachée par le vendeur, qui aurait pu lui permettre d’obtenir une diminution du prix, estime l’acheteur…
… effectivement victime d’un défaut d’information intentionnel, estime le juge, de nature à lui causer un préjudice que le vendeur doit indemniser…
Arrêt de la Cour de cassation, 3ème chambre civile, du 16 septembre 2021, n° 20-19229
vendredi 08 avril 2022
Coronavirus (COVID-19) et monde du spectacle : des aides prolongées
Afin de pallier les effets que la crise sanitaire a pu avoir sur le secteur du spectacle, le Gouvernement est venu prolonger certaines aides. Jusqu’à quand ?
Spectacle vivant : de nouvelles prolongations
Pour rappel, les entreprises de spectacle vivant dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 M€ et qui diffusent ces spectacles dans des salles de petite jauge, pouvaient bénéficier d’une aide financière de l’Etat, aménagée dans le cadre de la crise sanitaire, dès lors qu’elles remplissaient certaines conditions.
Cette aide, initialement prévue pour les représentations effectuées entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2021, est prolongée jusqu’au 31 juillet 2022.
De plus, les entreprises du secteur du spectacle pouvaient, toujours dans le cadre de la crise sanitaire, bénéficier d’une aide revalorisée en cas d’embauche de salariés :
- en contrat à durée déterminée à temps plein ;
- en contrat à durée déterminée, exécuté sur des périodes discontinues avec le même employeur (sur une période de 12 mois consécutifs) ;
- rémunérés au cachet.
Cette aide, initialement prévue pour les contrats dont la date de début d’exécution se situait entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2021, est prolongée jusqu’au 31 juillet 2022.
Source : Décret n° 2022-488 du 5 avril 2022 relatif à la prolongation des adaptations temporaires exceptionnelles du dispositif de soutien à l'emploi du plateau artistique de spectacles vivants diffusés dans des salles de petite jauge et de l'aide unique à l'embauche dans le spectacle
Coronavirus (COVID-19) et monde du spectacle : une dernière danse ? © Copyright WebLex - 2022
jeudi 07 avril 2022










