Déplacements à l’étranger : un guide pour protéger ses données
Si l’Union européenne s’est dotée d’un cadre très protecteur vis-à-vis de la protection des données personnelles de ses ressortissants, cela n’empêche pas que les données, personnelles ou professionnelles, puissent faire l’objet de convoitises. C’est pourquoi il peut être nécessaire de prendre certaines précautions lors de vos déplacements à l’étranger…
De simples précautions qui font une différence
Que cela soit pour les données personnelles du salarié ou des données sensibles de l’entreprise, un déplacement professionnel à l’étranger représente un risque tout particulier d’exposition des données.
C’est pourquoi, le gouvernement propose quelques comportements préventifs à adopter pour limiter les risques et les graves conséquences d’une violation de données.
- Précautions pour anticiper le départ
Une grande partie des risques peuvent être éliminés et ce, avant même le départ du salarié, par exemple, en évitant le transport inutile de données sensibles.
Ainsi il est recommandé d’utiliser du matériel dédié à la mission et ne contenant pas d’autres données. Ensuite il est conseillé, lorsque cela est possible, d’accéder aux ressources de l’entreprise à distance, par une liaison sécurisée, plutôt que par le stockage local de l’appareil.
Si des données doivent néanmoins être « transportées localement », il faut qu’elles fassent l’objet d’une sauvegarde préalable. A défaut, la perte ou le vol d’un appareil pourrait aboutir à la perte définitive de données qui s’ajouterait à leur violation.
On peut ajouter que l’usage d’un mot de passe fort est évidemment essentiel, de même qu’un chiffrage des données transportées.
Enfin, prendre des renseignements sur la législation du pays d’accueil est également un plus. Cela peut éviter de se voir déposséder de son matériel sensible lors du passage des douanes par exemple.
- Précautions à prendre sur place
Cela peut sembler évident, mais garder ses appareils avec soi en permanence est important. Les perdre de vue c’est prendre le risque d’un vol ou d’une manipulation par un tiers.
Moins évident, se méfier des matériels et réseaux tiers. Les matériels qui peuvent être offerts ou mis à disposition des salariés peuvent être compromis par des logiciels malveillants. De même, les réseaux internet publics (cybercafés, hôtels) exposent les données d’un appareil à toutes personnes pouvant accéder à ces réseaux : ils sont dont à proscrire.
- Précautions une fois rentré
Enfin, avant de se connecter au réseau de l’entreprise, un nouveau changement de mot de passe et une maintenance de l’appareil pour se prémunir contre la présence de tout virus ou logiciel espion permettront de s’assurer un retour plus serein.
Toutes ces indications, ne constituent pas une liste exhaustive mais permettent de s’assurer un certain niveau de sécurité. Globalement, la vigilance et le bon sens restent les armes les plus efficaces pour protéger ses données sensibles.
Source : Actualité de economie.gouv.fr du 10 octobre 2022 : « Entreprises : comment protéger vos données sensibles lors de vos déplacements à l’étranger ? »
Voyages d’affaires et piraterie : quelques précautions à prendre… © Copyright WebLex - 2022
lundi 17 octobre 2022
Expertise judiciaire : quand l’expert ne rend pas les documents confiés…
Quand un expert judiciaire est nommé par le tribunal, les parties au procès doivent fournir les pièces nécessaires au déroulement de l’expertise. Lorsque celle-ci est terminée, l’expert a-t-il l’obligation de restituer ces documents ? Une question à laquelle le juge vient justement de répondre…
Experts judiciaires : vous avez une obligation de restitution des documents !
À la suite de la naissance difficile d’un enfant, son père décide d’attaquer l’établissement de santé public où a eu lieu l’accouchement, pour demander une indemnisation en raison des séquelles liées à l’intervention.
Un médecin-expert est désigné par le tribunal et se voit communiquer, dans le cadre de sa mission, certaines pièces composant le dossier médical de l’enfant… que ni l’intéressé, ni son père ne parviennent à récupérer, ce qui les décide à rechercher la responsabilité de l’expert et à lui demander des indemnités pour le préjudice moral subi.
« Je n’ai pas commis de faute ! », s’offusque l’expert, qui considère que la loi est muette au sujet de l’obligation de conservation et de restitution des pièces remises.
Une position avec laquelle les juges ne sont pas d’accord : ils rappellent, en effet, que l’expert doit restituer les pièces non dématérialisées au terme de ses opérations, sauf dispense des parties.
Ici, à défaut de dispense, l’expert qui ne conteste pas avoir reçu les pièces et qui n’est pas en mesure de les restituer, est fautif. Il doit donc indemniser le père et son enfant pour le préjudice moral subi.
Source : Arrêt de la Cour de cassation, 1re chambre civile, du 5 octobre 2022, no 21-12542
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vendredi 14 octobre 2022
Vols avec correspondances : retard à l’arrivée = indemnisation ?
En cas de vol retardé, annulé ou même lorsqu’un embarquement est refusé, les règles en matière d’indemnisation et d’assistance des passagers sont notamment fixées par un règlement européen. Mais comment cela se passe-t-il en cas de vol avec des correspondances réalisées hors du territoire européen ? Réponse des juges…
Vols avec correspondances : une indemnisation possible en cas de retard à l’arrivée
Une voyageuse souhaitant se rendre de Stuttgart (Allemagne) à Kansas City (États-Unis) achète un billet d’avion par l’intermédiaire d’une agence de voyages. Ce billet comprend 3 vols :
- le 1er relie Stuttgart à Zurich, opéré par Swiss International Air Lines ;
- le 2e relie Zurich à Philadelphie, opéré par American Airlines ;
- le 3e relie Philadelphie à Kansas City, là encore opéré par American Airlines.
Les deux premiers vols se déroulent comme prévu. En revanche, le dernier accuse un retard de quatre heures à la destination finale.
Dans ces conditions, la passagère demande une indemnisation à hauteur de 600 € (en application de la réglementation européenne), requête à laquelle la compagnie aérienne américaine refuse d’accéder.
Selon cette dernière, en effet, elle n’est pas le transporteur aérien effectif ayant opéré un vol au départ du territoire d’un État membre de l’Union européenne (UE). La réglementation à ce sujet ne peut donc pas s’appliquer… et l’indemnisation prévue par cette réglementation n’aurait même pas due être demandée !
Par ailleurs, aucune relation juridique particulière ne lie la compagnie américaine à la compagnie suisse : le vol retardé n’est pas un « vol avec correspondances » au sens de la réglementation européenne.
Une position que ne partagent pas les juges, qui constatent que :
- le vol est parti d’un État membre de l’UE ;
- le billet a été acheté auprès d’une agence de voyages ;
- le billet est unique et comprend toutes les opérations de transports ;
- la prestation a fait l’objet d’un prix global.
En conséquence, il s’agit bien ici d’un vol avec correspondances qui ouvre droit à indemnisation au sens des règles de l’UE et ce, quand bien même les 2 compagnies aériennes n’entretiennent aucun lien juridique !
Source : Arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 6 octobre 2022, affaire C-436/21
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vendredi 14 octobre 2022
Boxes de stationnement comme lieu de stockage : renouvellement de l’expérimentation
Débutée en septembre 2019, l’expérimentation autorisant le stockage dans les boxes situés dans les parcs de stationnement des bâtiments collectifs d’habitation vient d’être prolongée pour une nouvelle durée de 3 ans…
Une expérimentation renouvelée pour 3 ans !
Pour mémoire, l’objet de l’expérimentation autorisant le stockage dans les boxes situés dans certains parcs de stationnement (notamment ceux appartenant aux bailleurs sociaux), introduite en 2019, était de réduire la vacance de ces boxes en autorisant leur utilisation à des fins de stockage, sous réserve du respect de certaines conditions.
Cette expérimentation devait prendre fin courant septembre 2022.
Toutefois, le Gouvernement a considéré que les avis recueillis dans ce cadre sont certes intéressants, mais insuffisants pour conclure à la viabilité (ou non) de l’expérience.
Cette pourquoi, cette expérimentation est reconduite pour une durée de 3 ans, jusqu’au 7 octobre 2025, dans des conditions identiques à celles mises en place en 2019.
Source : Arrêté du 1er septembre 2022 autorisant la prorogation de l'arrêté du 23 août 2019 portant expérimentation de l'autorisation de stockage dans les boxes situés dans les parcs de stationnement des bâtiments collectifs d'habitation et initialement réservés au seul remisage de véhicules
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vendredi 14 octobre 2022
Entre exercices hospitalier et libéral : quid de la responsabilité médicale
Les médecins travaillant dans les hôpitaux publics peuvent parallèlement exercer une activité libérale complémentaire. Ils peuvent ainsi procéder à des consultations ou administrer des soins, en hospitalisation ou non, sous conditions. Mais en cas de problème avec un patient, qui est responsable : le médecin libéral ? Ou l’hôpital public ?
Mauvais diagnostic dans le privé, opération dans le public : qui est responsable ?
Un médecin libéral reçoit un patient et pose un diagnostic aboutissant à la nécessité d’une opération. Le patient est, par la suite, hospitalisé dans un hôpital public au sein duquel ce même médecin libéral va lui-même réaliser l’intervention chirurgicale préconisée.
Problème : l’intervention pratiquée va entrainer une dégradation de l’état de santé du patient. Celui-ci décide donc d’engager la responsabilité de l’hôpital public.
Ce que conteste l’hôpital, qui estime que ce n’est pas sa responsabilité, mais celle du médecin qui doit être engagée. Il rappelle, en effet, que le médecin a suivi le patient, non pas dans le cadre de son activité hospitalière, mais dans le cadre de son activité libérale, et que c’est à l’occasion de ce suivi « externe » que le choix de l’intervention litigieuse a été fait.
En outre, il indique que l’intervention réalisée sous la responsabilité du service public, a été effectuée de façon conforme dans le geste.
Sa responsabilité n’a donc pas à être engagée…
Sauf que l’hôpital public a pour devoir de vérifier que toute intervention effectuée sous sa responsabilité est bien adaptée et pertinente pour les besoins du patient, rappelle à son tour le juge. Peu importe alors les conditions initiales du diagnostic.
C’est donc, à raison, que l’hôpital public a été considéré comme responsable des suites de l’opération. Libre à lui, rappelle le juge, d’engager à son tour une action contre le médecin.
Source : Arrêt du Conseil d'État du 6 octobre 2022, no 446764
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vendredi 14 octobre 2022
Conflit ukrainien : quel impact pour les transports de marchandises ?
Certaines interdictions de circulation ont été temporairement levées pour favoriser la circulation des transports de marchandises à des fins humanitaires à destination de l’Ukraine, jusqu’en octobre 2022. Ce dispositif a-t-il été prolongé ?
Une prolongation de la levée de certaines interdictions de circulation
Jusqu’au 29 janvier 2023 inclus, les interdictions de circulation des véhicules de transport de marchandises à des fins humanitaires de plus de 7,5 tonnes sont levées (le dimanche, les jours fériés, sur certains réseaux à certains créneaux horaires, etc.), dès lors qu’il s’agit de transports :
- à destination de l'Ukraine ou des pays limitrophes de l'Ukraine, à l'exception de la Russie et de la Biélorussie ;
- ou à destination des lieux de groupage desdites marchandises situés sur le territoire national.
Comme lors de la précédente dérogation :
- le retour à vide des véhicules sur le territoire national est également autorisé ;
- les conducteurs des véhicules doivent pouvoir justifier de la conformité du transport effectué en cas de contrôle ; pour cela, ils doivent conserver à bord du véhicule les documents justificatifs requis (si ces documents sont dématérialisés, ils doivent être immédiatement accessibles).
Source : Arrêté du 6 octobre 2022 portant levée de l'interdiction de circulation des véhicules de transport de marchandises à des fins humanitaires à destination de l'Ukraine et de pays limitrophes jusqu'au 29 janvier 2023
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vendredi 14 octobre 2022










