Clause de médiation préalable : à respecter ?
Le fait d’insérer, dans un contrat de travail, une clause de médiation préalable obligatoire, empêche-t-il les parties d’agir directement devant le Conseil des prud’hommes (CPH) en cas de litige ? Réponse du juge…
Médiation ou saisine du juge : vous avez le choix !
Lorsque le Conseil des prud’hommes est saisi, la procédure se décompose en deux phases :
- une phase de conciliation devant le bureau de conciliation et d’orientation,
- et, en cas d’échec de la conciliation, une phase de jugement devant le bureau de jugement.
Donc, par principe, avant même de saisir le juge, les parties doivent d’abord essayer de trouver une solution amiable.
Que se passe-t-il si une clause de médiation préalable obligatoire est insérée dans le contrat de travail ? Empêche-t-elle les parties d’agir directement devant le juge tant que la médiation n’a pas eu lieu ?
« Non », répond le juge : une clause du contrat de travail qui institue une procédure de médiation préalable en cas de litige survenant à l'occasion de ce contrat n'empêche pas les parties de saisir directement le juge prud'homal de leur différend.
Une décision qui s’explique par le fait que la procédure à suivre en matière de saisine du conseil des prud’hommes implique déjà une tentative de conciliation préliminaire et obligatoire.
Source : Avis de la Cour de cassation, du 14 juin 2022, n° 22-70004
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lundi 27 juin 2022
Expropriation : quel est le juste prix ?
Une commune est intéressée par une parcelle de terrain. Pour l’obtenir, elle exproprie les propriétaires. « Au mauvais prix », contestent ces derniers, puisque la commune a changé le zonage du terrain avant la vente pour faire baisser sa valeur vénale…
Expropriation : de l’importance du (bon) zonage du terrain
Une commune exproprie les propriétaires d’une parcelle de terrain qui l’intéresse pour y construire un établissement d’enseignement. Mais pas au bon prix, selon ces derniers.
Avant de les exproprier, en effet, la commune a modifié le plan local d’urbanisme (PLU) faisant passer la parcelle d’un zonage UB à un zonage UE, ce qui, mécaniquement, a fait baisser sa valeur vénale… et donc le montant de l’indemnité versée aux propriétaires expropriés !
Ce que la commune conteste : si elle a changé le zonage de la parcelle, ce n’est pas dans le but de verser une indemnité d’expropriation plus faible aux propriétaires, mais simplement pour anticiper la création du futur établissement d’enseignement.
Un argument qui ne convainc pas le juge : la commune a bel et bien agi pour réduire le montant de l’indemnité d’expropriation.
Le juste prix de la parcelle doit donc être fixé au regard de son classement initial en zone UB… et le montant de l’indemnité d’expropriation doit être revu à la hausse !
Source : Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 15 juin 2022, n° 21-16988
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lundi 27 juin 2022
Travaux immobiliers : professionnel un jour, professionnel toujours ?
L’acheteur d’une ancienne ferme réhabilitée en maison par le vendeur lui-même constate de nombreux désordres et décide d’engager sa responsabilité et de réclamer une indemnisation. Va-t-il obtenir satisfaction ?
Travaux immobiliers : un particulier peut être un professionnel
Un propriétaire, maçon de profession, réalise des travaux de rénovation assez importants sur une ancienne ferme qu’il souhaite habiter. Une fois les travaux terminés, il décide finalement de la vendre.
Quelque temps plus tard, le nouveau propriétaire constate de nombreuses malfaçons, notamment au niveau du sol. Il engage alors la responsabilité du vendeur au titre de la garantie légale des vices cachés afin d’obtenir une indemnisation.
Pour mémoire, la garantie légale des vices cachés protège l’acheteur contre les défauts qui, par définition, ne sont pas visibles au moment de l’achat, mais qui rendent le bien impropre à l'usage auquel il est destiné ou qui en diminuent tellement cet usage que l'acheteur ne l'aurait pas acheté, ou n’en aurait donné qu’un moindre prix, s'il les avait connus.
« Impossible », rétorque le vendeur qui rappelle que le contrat de vente de la ferme comprend justement une clause qui l’exonère de la garantie des vices cachés. En pratique, cette clause prévoit que le vendeur ne puisse voir sa responsabilité engagée par l’acquéreur si celui-ci s’aperçoit, après la vente, de l’existence de vices cachés sur le bien.
Mais dans cette affaire, l’acheteur du bien estime que le vendeur ne peut se retrancher derrière une telle clause. Il rappelle, en effet, qu’un professionnel du bâtiment ne peut pas inclure ce type de clause dans l’acte de vente de l’un de ses biens. Or, ici, le vendeur est maçon de profession…
Ce que confirme le juge : le vendeur, qui est effectivement maçon, doit être assimilé à un « professionnel » et, à ce titre, peut voir sa responsabilité engagée au titre de la garantie légale des vices cachés.
Source : Arrêt de la Cour de cassation, 3e chambre civile, du 15 juin 2022, no 21-21143)
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lundi 27 juin 2022
Taxe sur le chiffre d’affaires des exploitants agricoles : qui est concerné ?
A l’occasion d’un contrôle, parce qu’elle estime qu’une société exerce une activité agricole, l’administration fiscale décide de lui réclamer le paiement de la taxe sur le chiffre d’affaires des exploitants agricoles. Mais a-t-elle bien relu sa copie ?
Taxe sur le chiffre d’affaires des exploitants agricoles : si, et seulement si…
Une société exerce une activité d’achat et de revente de veaux de boucherie, qui sont engraissés chez des éleveurs avec lesquels elle conclut des contrats d’intégration.
Pour rappel, on parle de « contrat d’intégration » pour désigner les contrats conclus entre un agriculteur (généralement un éleveur) et une entreprise industrielle ou commerciale, dans lesquels :
- l’agriculteur « intégré » s’engage à fournir à l’entreprise une certaine production ;
- l’entreprise « intégrateur » s’engage à approvisionner l’agriculteur afin qu’il puisse réaliser la production demandée, ainsi qu’à lui fournir des moyens de financement.
Dans le cadre de tels contrats, l’entreprise intégrateur contrôle le processus de production.
A la suite d’un contrôle, la société se voit réclamer, par l’administration fiscale, le paiement de la taxe sur le chiffre d’affaires des exploitants agricoles… Ce qu’elle conteste : elle rappelle que cette taxe est due par les exploitants agricoles au titre de leurs activités agricoles.
Or, constituent des activités agricoles toutes les opérations qui s'insèrent dans le cycle biologique de la production animale ou végétale ou qui constituent le prolongement de telles opérations.
« Ce qui est votre cas ! », soutient l’administration fiscale.
« Justement non », rétorque la société, qui souligne que si elle supervise les conditions d’élevage des veaux, notamment en ce qui concerne leur méthode d’élevage et leur alimentation, elle n’intervient pas directement dans l’activité agricole, qui est exclusivement exercée par les éleveurs.
D’ailleurs, elle ne dispose d’aucun local ou équipement destiné à recevoir les animaux : leur prise en charge est assurée uniquement par les éleveurs.
Par conséquent, elle n’exerce pas une activité « agricole », et n’est donc pas soumise à la taxe sur le chiffre d’affaires des exploitants agricoles…
Ce que confirme le juge, qui annule le redressement fiscal.
Source : Arrêt de la Cour administrative d’appel de Nantes, du 3 juin 2022, n° 20NT02566
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lundi 27 juin 2022
« Chargeur universel » : la solution européenne de demain ?
Dans un souci environnemental mais également de facilitation de la vie des consommateurs, le Parlement européen vient d’annoncer l’arrivée prochaine d’un chargeur universel au sein de l’Union européenne. Explications…
Un nouveau chargeur dès 2024
Afin de réduire les déchets électroniques et d’améliorer la qualité de vie des consommateurs, un nouveau chargeur européen verra le jour à l’automne 2024.
Ce nouveau chargeur, dit « USB Type-C », deviendra ainsi la solution de charge unique des petits appareils électroniques (téléphones mobiles, tablettes, etc.) dans l’Union européenne.
Notez, enfin, que les ordinateurs portables devront être équipés d’un port « USB Type-C » dans les 40 mois suivant l’entrée en vigueur de cette nouvelle législation.
Source : Communiqué de presse du Parlement européen du 7 juin 2022
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lundi 27 juin 2022
Renforcement de l’action de Bpifrance à destination de l’industrie
Bpifrance mobilise les outils existants pour soutenir et accélérer le renouvellement démographique de l’industrie française affectée par la crise sanitaire. De quels soutiens pouvez-vous bénéficier ?
La consolidation de l’industrie française existante…
Pour réindustrialiser la France et renforcer l’accompagnement du secteur industriel à la suite de la crise sanitaire, Bpifrance rappelle l’existence de plusieurs leviers d’accompagnement, parmi lesquels :
- la banque des entrepreneurs, qui garantit l’investissement et finance l’assurance export ;
- la garantie de projets à l’international ;
- la plateforme TechlnFab, qui soutient le développement de l’innovation dans les entreprises industrielles ;
- la facilitation du recrutement et le renforcement des actions de formation (avec notamment le Volontariat Territorial en Entreprise, dispositif permettant l’orientation des étudiants en universités, en écoles de commerce ou d’ingénieurs, vers des petites ou moyennes entreprises ou des entreprises de taille intermédiaire dans des territoires pilotes) ;
- le soutien de la FrenchFab (label de Bpifrance permettant de fédérer les industriels et renforçant la promotion de l’industrie française à l’étranger).
… et la préparation de son avenir
Pour préparer l’avenir de l’industrie française, Bpifrance promet l’association de la recherche et de l’industrie, mais aussi le développement du financement de l’industrialisation des start-ups générant des innovations de rupture, par l’intermédiaire :
- du déploiement d’un appel à projets « Première Usine » : ce dispositif vise à accélérer l’émergence de premières réussites d’industrialisation par des start-ups industrielles, ou petites ou moyennes entreprises/entreprises de taille intermédiaire innovantes ;
- la mise à disposition d’un « Prêt nouvelle industrie » (prêt octroyé par Bpifrance jusqu’à 15 M€ pour financer le lancement de démonstrateur industriel, d’usine pilote ou d’usine de production à fort risque technologique/industriel en France) ;
- la mobilisation d’actions en fonds propres ;
- une offre d’accompagnement non financier (comme le Diagnostic Amorçage Industriel) ;
Source : Actualité de Bpifrance du 8 juin 2022
Secteur industriel : l’action de Bpifrance se renforce ! © Copyright WebLex - 2022
lundi 27 juin 2022










